Psychologie du sportif

De nombreux pédagogues écrivaient déjà dans les années 1980 que « l’on progresse mieux si on a identifié les aspects nécessaires à la réussite ». Derrière cette belle citation de Meirieu, qui fut l’auteur de nombreux ouvrages de pédagogie en direction des enseignants, il faut comprendre que le cycliste qui s’entraîne sans chercher à maîtriser son entraînement et qui se contente de faire ce qu’on lui dit sans en chercher les causes et explications, progressent moins vite.
En fait, ce n’est pas le fait de suivre à la lettre les conseils qui ralentissent les progrès, mais plus le fait qu’on ne dispose pas de quelqu’un pour vous conseiller à chaque instant et que dans ce cas là il faut pouvoir prendre des décisions et faire des choix en matière d’entraînement, de gestion de l’effort, de gestion de votre alimentation, de votre mode de vie...
Ainsi, un cycliste qui veut progresser ne doit pas se contenter de se procurer un programme d’entraînement, il doit être capable de le comprendre, d’en comprendre l’articulation. Les cyclistes qui s’intéressent à la physiologie de l’effort, aux effets des différentes méthodes d’entraînement, à la diététique, aux méthodes de récupération sont ceux qui ont le plus de chances de progresser.

Propos d’entraîneur :
« Depuis bientôt 10 ans que je travaille dans le cyclisme à encadrer et entraîner des sportifs de tous niveaux, j’ai pu constater à quel point les cyclistes qui utilisent leur motivation non pas seulement pour appuyer sur les pédales, mais pour comprendre la préparation sportive, atteignent plus facilement leur meilleur niveau. J’ai ainsi pu rencontré des coureurs qui posent beaucoup de questions pertinentes pour comprendre les besoins en terme d’entraînement, d’alimentation, Ceux là n’était pas forcément plus motivé que les autres, mais l’utilisation de leur motivation était plus susceptible de les faire progresser que ceux qui utilisait leur courage et leur volonté pour attaquer, pour s’entraîner par tous les temps ou pour enchaîner les courses en quête de victoires sans s’intéressez au reste. J’ai vue des coureurs physiquement doué, mais peu enclin à potasser les livres sur le cyclisme, qui attendaient des recettes miracles et simples à mettre en application. Et comme ces recettes n’existent pas, ces coureurs finissent par se décourager plus vite car il n’ont pas identifié les causes de leur échecs ou de leurs réussites. »

Un autre aspect est intéressant quand on s’intéresse à la motivation du sportif pour progresser. Sarrazin et ses collaborateurs ont publiés en 1995 un questionnaire qu’ils ont validé après l’avoir testé plusieurs milliers de fois sur des sportifs. L’objectif de ce questionnaire est d’analyser 2 formes de motivation et de satisfaction pour le sportif :
- la première consiste à cerner l’importance que le sportif attribue à la victoire ou à la domination de ses adversaires
- la seconde consiste à cerner l’importance que le coureur attribue à la maîtrise de son niveau de performance

Autrement dit, certains sportifs vont trouver leur satisfaction non pas dans la victoire, mais dans l’attente d’un objectif qu’il s’était fixé comme par exemple bouclé le circuit de la marmotte en moins de 9 h. A l’inverse nous allons rencontrer des sportifs qui vont plus attacher de l’importance à leur classement ou de celui de leur concurrent direct et cela indépendamment de la performance absolue. Qu’importe le temps, pourvu que la place soit satisfaisante.
Les sportifs qui progressent le plus sont finalement ceux qui vont attacher beaucoup d’importance à ces 2 aspects de la perception du succès. Le sportif qui va attacher de l’importance à la maîtrise de ses performances et à la quête d’un bon classement développe une motivation favorable pour progresser.

Testez-vous !
Répondez à chacune des questions suivantes en attribant une note de 1 à 5 selon votre degré d'accord : 1=pas d'accord, 5=tout à fait d'accord.
Si vous obtenez 30 et 30 sur les 2 dimensions de la perception du succès, vous avez un mental de gagneur très déterminé et propice à la réussite, mais aussi très difficile à satisfaire.
Question Réponse
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je bats les autres
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : j'arrive à maitriser une technique pour la première fois
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je suis le plus fort
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je m'améliore
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je gagne
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je surmonte mes difficultés
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je suis nettement le meilleur de tous
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je progresse après avoir fait de gros efforts
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je montre que je suis meilleur que les autres
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : j'arrive enfin à maitriser un objectif technique ou sportif que je m'étais fixé
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : je domine mes adversaires
J'éprouve un fort sentiment de réussite en sport quand : j'utilise au mieux mes possibilités
Résultat Note (/30)
Vous aimez être reconnu comme supérieur aux autres, vous mesurez vos performances par rapport à celle des autres, c'est le désir d'être reconnu qui vous anime (pouplarité, gloire, interview... sont vos crédos))
Vous aimez maitriser votre performance, vous éprouvez du plaisir dans les progrès, l'amélioration de vos capacités. Vous recherchez la perfection de votre art sans vous comparer aux autres.

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